jeudi 25 octobre 2012

C'est pas que...



C’est pas ce temps qui manque
Qui fait qu’on fait semblant
Au guichet de ta banque
Distribues tes sentiments
C’est pas ce vide immense
Qui fait que l’on a mal
C’est juste quelques silences
Que les gens trouvent normal

C’est pas le souvenir
D’un jour comme hier
Qui me fera encore tenir
Ouvertes mes paupières
C’est pas que le temps est long
Ou qu’il avance trop vite
C’est ce qu’on met bien profond
Dans l’âme de celui qu’on quitte

C’est pas parce que demain
Je vais partir ailleurs
Qu’il faut se serrer la main
Se dire ce qu’on a sur le cœur
C’est pas la solitude
Ni même les soirs d’ennuis
C’est plus de l’habitude 
Que de la nostalgie …

C’est pas l’ombre des regrets
Ils sont noir et blanc
Ils sont jamais très gais
Ils ne sont que tourments
C’est pas que j’en ai peur
C’est pas que j’en sois triste
C’est pas que toi tu meurs
Qui m’fera croire en la justice

C’est pas demain la veille
Qu’on oubliera ce temps
Quand novembre se réveille
Noir, dans son manteau blanc
C’est pas que moi j’en pleure
Ou que les autres disent rien
C’est plutôt toutes ces heures
Ou je ne ressens plus rien

C’est pas à cause de toi
Que je souffre en dedans
Plutôt que t’es pas là
Plus là comme avant
C’est pas que c’est l’immonde
C’est juste un peu sordide
Le sablier de mes secondes
Semble être déjà vide

C’est pas que les gens oublient
C’est plutôt qu’ils avancent
Ils laissent au fond d’un lit
L’écume d’une souffrance
C’est pas que tout est fini
Plutôt que ça recommence
La douleur et l’ennui
Ne sont jamais en vacances

C’est pas que moi je meurs
C’est pas que moi je pleure
C’est pas qu’une histoire de cœur
C’est pas que je compte les heures
C’est pas que le silence
C’est pas que ton absence
C’est pas que de la souffrance
C’est des siècles d’errance

C’est pas que moi je vis
C’est pas que toi t’es parti
C’est pas que les autres rient
C’est pas que, moi je survis
C’est pas la solitude
C’est pas une habitude 
C’est pas que la vie est rude
C’est que de l’incertitude

C’est pas que le monde en guerre
Veuille se foutre en l’air
C’est que de l’ironie
Qui fait s’éteindre la vie
C’est pas que je sois en colère<
Même pas que je manque d’air
Juste comme une envie
Qui fait s’éteindre ma vie

C’est pas que le monde est fou
Ou qu’il tombe à genoux
C’est que la mort est là
Prête à ouvrir ses bras
C’est pas que la terre éclate 
C’est comme un jeu de carte
Ou la mort serait là
Prête à m’ouvrir ses bras

C’est pas que ça
Non, c’est pas que ça
C’est plus que ça
Bien plus que ça  

mercredi 24 octobre 2012

Génération numérique !



Dans ma génération numérique 
Où nos secrets sont paramétrés
Avant on rêvait d’Amérique
Pas de rester chez soi cloîtrés

Et pourtant, dieu que c’est bon
De voir au fond de son écran
Des morceaux de l’horizon
Comme si on y était vraiment

J’ai jamais eu autant d’amis
Signe d’une grande vie sociale
J’ai jamais eu si peu d’amis
Pas présents quand ça fait mal

Dans ma génération numérique
Où nos secrets sont paramétrés
Avant, la liberté c’était l’Afrique
Et les sommets de l’éternité

Et pourtant, dieu que moi j’aime
M’enfermer dans ce monde
Où l’amour est moins poème
Et bien plus froid qu’une tombe

J’ai jamais eu autant d’amis
Signe de ma réussite sociale
J’ai jamais eu si peu d’amis
Pas présents quand ça fait mal

Dans ma génération numérique
Nous on joue avec les mots
On s’amuse des choses tragiques
Et nous on se marre de tous ces maux

Et pourtant, on sait que c’est mal
Mais ça fait aussi tellement de bien
De sortir de ce foutu banal 
Où on porte toujours notre chagrin

J’ai jamais eu autant d’amis
Que je ne connais même pas
J’ai jamais eu si peu d’amis
Pour m’ouvrir leurs bras

Dans ma génération numérique
On s’en fout bien des autres 
Qu’ils aillent faire des rêves d’Amérique
Et surtout qu’ils oublient les nôtres

Et pourtant, on sait que c’est triste
On est pas si ignorants
On sait très bien qu’en bout de piste
Y aura trop peu à nos enterrements

J’ai jamais eu autant d’amis
Qui ne se déplaceraient même pas
Au chevet de mon lit
Le jour de mon trépas…