lundi 16 novembre 2015

Ahmed !



Ahmed n'est pas terroriste
Il va d'ailleurs au lycée d'en bas
Il est en cours avec ton fils
Tu l'as déjà reçu chez toi

Ahmed veut devenir chimiste
Et il sait bien que pour ça
Il n'a pas droit au hors piste
Il doit travailler comme trois

Ahmed n'est pas socialiste
Pour voter, l'âge il n'a pas
Il n'est pas plus UMPiste
Et du FN n'en parlons pas

Ahmed n'est pas un extrémiste
Même s'il prie parfois Allah
Il prie parce qu'il est souvent triste
Des horreurs de ce monde là

Ahmed n'est pas fataliste
D'ailleurs il ouvre souvent les bras
A ces enfoirés de racistes
Qui l'insultent à chaque fois

Ahmed n'est pas un djihadiste
Il ne comprend toujours pas
Pourquoi autant de gens insistent
Pour faire de lui ce qu'il n'est pas

jeudi 12 novembre 2015

La Maison !



Je suis entrée dans le salon
Puis j'y ai fait quelques pas
J'ai retrouvé les sensations
Là sous mes yeux, tout était là
Y avait l'odeur de mes parents
Même s'ils n'étaient pas là
Y avait mes frères évidemment
Et puis aussi l'un de mes chats

Le souvenir semblait parfait
Mais la maison avait vieillie
Son âme un peu délabrée
Tout comme ses murs salis
Ici, c'est là que je dormais
C'est là que moi j'ai grandi
Dans cette pièce tellement usée
Qu'elle a dû en voir passer des vies

Si elle pouvait nous raconter
Toutes ces choses qu'elle a vue
Ma mémoire serait épuisée
D'apercevoir ce qu'elle a perdue
Soudain les images me reviennent
Il y avait quand même de l'amour
Mais aussi tellement de haine
Dès que revenait le jour

Je suis arrivée dans la cuisine
Les choses semblaient bien différentes
Pas de restes d'assiettes enfantines
Que je rejetais de façon permanente
Pas ma mère derrière le feu
A me prévenir du danger
Pas mon père, non pas ce vieux
Qu'on ne devait jamais déranger

Il fallu que je monte à l'étage
Je voulais voir moi cet endroit
Celui qui a vu tous mes âges
De mes amours, à mes effrois
Que je découvre là sous mes yeux
Les ruines de mon triste passé
Pour que je me rende compte mieux
Que le temps ne s'arrête jamais

J'ai posé mes pieds sur le sol
Qui grinçait toujours, comme avant
Et sous les couches de papier, de colle
J'avais écrit il y a longtemps
Une date qui m'avait marquée
Un message pour personne
Un truc que seule moi sait
Qui ressemblait presque à un code

Avant de partir je savais
Que je n'étais pas entrée encore
Dans la chambre de ses regrets
Là où elle aurait pu trouver la mort
Je n'avais pas fait de détour
Non plus par ce foutu jardin
Où parfois je tuais mes jours
En attendant que tout aille bien

Une maison ça ne veut rien dire
Ce n'est que de la pierre après tout
Mais il en jailli des souvenirs
Qui vous accrochent jusqu'au cou
Qui font trembler votre âme
Qui vous font parfois sourire
Qui rappellent ces drames
Dont vous avez su vous sortir

Une maison ça ne vaut rien
Pas même son prix sur le papier
C'est la source de tant de chagrins
Et de bonheur, sans les compter
C'est un endroit parfois paisible
Où il serait bien de revenir
Dans les impasses inaccessibles 
Dont on fini par se sortir...

jeudi 15 octobre 2015

Le début/La fin !



S'il y a des restes quelques part, de ces choses qu'on oublie
Qu'on laisse sur le quai d'une gare, dans une rue, un abris
Où retrouver l'espoir, s'il n'est pas tombé ici
Avant le début du cauchemar, la fin du rêve aussi...

S'il y a des peines perdues, sur des routes, des chemins
De toutes ces âmes foutues, dont on ne fera jamais rien
Où s'en vont donc les soupirs, s'ils ne retombent pas ici
Avant le début du pire, la fin du meilleur aussi...

S'il y a dans ces mots qui blessent, quelque chose de toi
Que dans toutes tes caresses, il y a aussi l'effroi
Où penses tu t'égarer, si tu ne reviens pas ici 
Avant le début des regrets, la fin des joies aussi...

S'il y a quelque chose en nous, que l'on peut encore sauver
Même si ce n'est qu'un petit bout, d'un reste d'humanité
Où laisserons nous nos cœurs, s'ils ne s'arrêtent pas ici
Avant le début de l'horreur, la fin du bonheur aussi...

Si c'est tout ce qu'on se dit, qui fait tout ce qu'on est
Si l'on ne choisi pas sa vie, mais ce que l'on en fait
Où irons nous demain, si l'on ne revient pas ici
Avant le début du chagrin, la fin de la vie...

lundi 27 juillet 2015

Plus Du Tout !



C'est un peu comme un pied à terre
Ou l'on accepte de tomber à genoux
Où l'on envoie là, dans les airs
Tous ces petits morceaux de nous
C'est un souvenir un peu amer
Qui nous serre autour du cou
Je préfère encore, solitaire
Ne plus penser à vous...

Ça a un goût de semi colère
Un vaste rêve ou pas du tout
Un cauchemar qui fout en l'air
Je me souviens encore de nous
A cloche pied ou avec un verre
A tous les âges, un peu fou
On ne revient jamais d'hier
On se souvient et puis c'est tout...

Ça a le goût des chansons d'hiver
Qui nous réchauffe au fond de nous
Une larme et puis enfin se taire
Pour se cacher au fond d'un trou
J'aurais pu dire, sourire un peu fier
Que l'on a tenu jusqu'au bout
J'aurais pu dire  tout ça hier
Mais aujourd'hui, plus du tout...

Les Histoires !



Dis on devrait se quitter
Pour plus jamais se revoir
Bien sûr on se reverrait
Mais totalement par hasard
De nouveau, on s'aimerait
Tout comme au premier soir
Ça ne coûte rien d'espérer
Ça ne coûte rien d'y croire

Dis, tu veux pas t'en aller
Quitter notre désespoir
Cesser de tout répéter
Et changer de trottoir
Ne plus me ressembler
On se ressemble dans le noir
On a les mêmes idées
Mais pas les mêmes histoires

Dis, tu trouves ça imparfait ?
Ça manque de quai de gare 
Ou l'on aurait pu s'embrasser
Se dire adieu un peu trop tard
Plus jamais se retourner
J'aurais voulu te savoir
J'aurais voulu c'est vrai
Mais ça sert à quoi de vouloir ?

Dis, tu veux pas te retourner
Renoncer au départ
Dans mes bras retomber
Comme au tout premier soir
De toutes ces années
Quand on avait de l'espoir
Quand, enfin tu sais
Les idées, ces histoires

Drôle de Pantin !



Je suis un drôle de pantin
Qui s'articule trop souvent
Je ne suis pas guidé par un humain
Personne n'en aurait le temps
Je suis comme un petit ourson
Que l'on serre contre son coeur
Mais que l'on oublie comme un con
Dès que l'on trouve un autre bonheur

Je suis un drôle de pantin
Et je ne me reconnais en personne
Je trimballe peines et chagrins
Dans un sourire monotone
Je perds l'esprit quand tombe la nuit
Lorsque je rêve à mon tour
Que quelqu'un me prenne dans sa vie
Et sache m'aimer d'amour

Je suis un drôle de pantin
Mi humaine, mi étrangère
Étrangère à vos grandes mains
Qui pourtant parfois me serrent
Je m'en fiche de tout votre or
De vos sourires de compassions
Sachez que quand le pantin dort
C'est vous qui passez pour des cons

Je suis un drôle de pantin
Qu'on articule, qu'on manipule
Quelqu'un qui ne sert à rien
Quelqu'un qui frôle le ridicule
A bien y regarder de près
Je me rangerai là, dans un carton
Pour ne jamais plus bouger
Et vivre dans les mains d'un con...

lundi 6 juillet 2015

Le Pessimiste !





On traîne, on traîne, on traîne
On s'articule, comme des nuls
On achève toutes les trêves 
Par des disputes ridicules
Après le beau temps, la pluie
Te dira le pessimiste
Après le bonheur, l'ennui
Et tu feras là un hors piste

On rêve, on rêve, on rêve
On ne sait pas faire autrement
Ici c'est vis ou crève
Mais ne te plains pas constamment 
Après le plein jour, vient la nuit
Te dira le pessimiste
Après la musique, le bruit
Puis le silence qui s'agite

On pleure, on pleure, on pleure
Et les larmes coulent à torrent
On peut briser un coeur
En le serrant tout simplement
Après l'heure de gloire, la chute
Te dira le pessimiste
Après le désespoir, la lutte
Puis l'âme devient égoïste...