jeudi 8 août 2013

Derrière Les Paupières !



A deux mètres de là je me suis aperçu 
Le regard vide et usé de la vie 
Je portais en moi des sentiments perdus 
Que personne ne peut voir en pleine nuit 
J’étais fatiguée et méconnaissable 
Je me suis arrêté auprès de moi 
J’ai tendu une main si insaisissable 
Bercé par le bruit de mes tracas 
Pour en finir, bien finir, en ce monde 
J’ai caressé la lame sur le bras 
J’ai sentie l’espace d’une seconde 
La délivrance du trépas… 

Mais derrière les paupières, sachez braves gens 
Que se cache un cimetière, de tant de mourants 
Qui finissent sous la terre, dans ce calme bruyant 
Recouvrez moi d’une pierre, de fleurs de temps en temps 

A deux mètres d’ici, je me suis reconnu 
  L’âme en peine, le cœur vide et la tête pleine 
Je portais en moi la rage de l’inconnu 
Et vous délivrais chaque jour ma haine 
Je me suis observée dans ce miroir vivant 
Je n’étais bien sur rien d’autre que moi 
J’ai compté un a un chacun de mes printemps 
Pour me rappeler l’inutilité d’être ici bas 
Pour en finir, bien finir, de cette vie 
La corde sur mon cou frôlait ma peau 
C’était doux, c’était dur, c’était une envie 
La délivrance des maux… 

Mais derrière les paupières, sachez braves gens 
Que se cache un cimetière, de tant de mourants 
Qui finissent sous la terre, dans ce calme bruyant 
Recouvrez moi d’une pierre, de fleurs de temps en temps… 

A deux mètres de vous qui n’avez rien vu 
J’ai fermé les yeux pour ne plus me voir 
J’étais sortie de moi comme un inconnu 
Qui ne se reconnaitrait pas dans son miroir 
J’ai ouvert les yeux sur ce qui m’entourait 
Je n’ai vu que le cœur qui par la vie se brisa 
Je mourais d’être là, de simplement exister 
Pas de ciel, pas d’enfer dans ce que l’on voit 
Pour en finir, bien finir, de cet ennui 
Un cachet, deux cachets, puis en abondance 
C’était lent, c’était sur, c’était réfléchit 
La délivrance d’une révérence… 

Mais derrière les paupières, sachez braves gens 
Que se cache un cimetière, de tant de mourants 
Qui finissent sous la terre, dans ce calme bruyant 
Recouvrez moi d’une pierre, de fleurs de temps en temps…

mardi 6 août 2013

Porteurs De Croix !



Le temps s’écoule à chaque seconde
Et tu n’y peux rien mon vieux
T’y as pas pensé en créant le monde
Ni pour tes chrétiens, ni pour nous, bon Dieu.

Et si je me fous souvent de tes églises
Si je plains les maudits de ta religion
Je n’oublie pas pour autant la bêtise
Que tu as imposé à nos nations…

Tous ennemis, on se déteste
Impossible de vivre ensemble
C’est donc ça l’héritage de ta faiblesse
De ton courage réduit en cendres

J’aurais jamais cru te dire ça
Je pense même pas que tu écoutes
De ton ciel, tu nous vois pas
ça ne fait plus aucun doute…

Mais putain, dis moi quand même
Si elle est à tes côtés
Si tu prends le temps de prendre soin d’elle
Ou si tu es trop occupé

Allez vas y, réveille toi
Il est temps de reprendre la parole
Que tes milliers de porteurs de croix
Cessent de jouer ton rôle…

C’en est assez de toutes ces guerres
Et de ces villages qu’on détruit
Au lance roquettes contre des pierres
Qu’ils avaient eux mêmes construits

C’en est assez de tous ces tristes
De ces horreurs ici bas
C’en est assez de ces égoïstes
Qui pensent pour eux, plus que pour toi

Plus d’amitié, plus de plaisir
Plus rien que des bouts de ce malheur
Et si pour vivre, il faut souffrir
Alors va, reprends mon cœur

Plus de sourire, plus que des larmes
Plus de poésie, que des menteurs
Même si l’horreur a bien du charme
Sous l’objectif des manipulateurs

Mais putain, dis moi quand même
Si elle est à tes côtés
Si tu prends le temps de prendre soin d’elle
Ou si tu es trop occupé

Allez vas y, réveille toi
Il est temps de reprendre la parole
Que tes milliers de porteurs de croix
Cessent de jouer ton rôle…

C’est pas fini, jamais fini
On est tous infirmes du cœur
On laisse passer beaucoup de nos vies
En attendant un peu de meilleur

T’entends même pas les hurlements
De tous ces appels au secours
Qui me hantent par moment
Qui ont fini par tuer l’amour

Mais t’étais ou ce jour là
Et cette nuit au cœur du mal
C’est sur le diable qu’on comptera
Et toi tu trouves ça normal

Si on peut même plus faire confiance
A ton étrange divinité
Si on peut plus, quelle chance
D’être condamné à exister

Mais putain dis moi quand même
Si elle est à tes côtés
Si tu prends le temps de prendre soin d’elle
Ou si tu es trop occupé

Allez vas y réveille toi
Il est temps de reprendre la parole
Que tes milliers de porteurs de croix
Cessent de jouer ton rôle ...

Potence !



Potence, Ô ma potence
Qui me suis telle une amie
Tu partages mes souffrances
Quand je pleure dans la nuit

Tu t’amuses des combats
que l’on mène à tes côtés
Dis moi dans combien de bras
Es tu allée te planter ?

Potence, Ô ma potence
Il faut vivre avec toi
Pour se rendre à l’évidence
On n’est pas grand chose dans ce monde là

Tu me ramènes à des souvenirs
Que j’avais cru enterrés
Tu enlaidis mes soupirs
Le futur, j’veux pas en parler

Potence, Ô ma potence
Quand tu partages mes repas
Que tu soulages mes souffrances
Par ce qui coule en toi

Et si je meurs bien avant l’heure
Toi tu sais bien tout ça
C’est que dans ton dur labeur
Tu n’auras pas fait le poids

Potence, Ô ma potence
Que j’avais cru enfin oublier
Tu reviens telle une errance 
Seulement me posséder

Alors quitte enfin ma main
Et laisse moi ma liberté
Tu ressembles à un chagrin
Sans amour pour le précéder

Criminels !



Et vous auriez raison, de dire que je suis folle
Folle de ma passion, envers ces bestioles
Mais vous ne savez pas, ce que c’est d’être seule
De n’avoir que pour soi, l’ombre de ces gueules
Y a tant de gens qui passent, sans même remarquer
Que le temps les effacent, comme il m’a effacé
Et à mon âge bientôt, quand ils arriveront
Ils verront le chaos, sans trouver de solution
Je lui dois au moins ça, quelques mots sur papier
Une tombe là bas, sous la terre creusée
L’épitaphe d’une vie, qu’il m’a accordé
Bon dieu auprès de qui, vais je bien pouvoir pleurer ?
Et voilà que demain, j’aurais soixante dix ans
Et j’ai eu aucun gamin, qui m’a fait grand maman
Alors maintenant j'erre, sans chaussures à mes pieds
Je traîne ma misère, sans ami pour la porter
Vous aurez beau me dire, que tout ça ne compte pas
Dans son dernier soupir, il a pris un peu de moi

Et vous auriez raison, de ne pas vous priver
De rire de ma prison, où je suis enfermée
Pour vous je ne suis que vieille, sans âme et sans avenir
Pour lui j’étais merveille, il était mon sourire
Car seule dans ma chambre, à me tourner les pouces
Il m’obligeait à descendre, pour lui faire la course
Le gronder parfois un peu, pour ne pas que soit détruit
Sous ses pattes de chartreux, mes bas de tapisserie
Aller rigolez donc, vous ne comprenez pas
Que sans perdre la raison, on ne rajeuni pas
Et aussi ridée que je sois, mon cœur lui reste enfant
Et comme vous il apprécie, d’être aimé de temps en temps
Mais bon sang oui pourquoi, est ce tombé sur lui 
Criminels que ceux là, qui l’ont tués aujourd’hui
Il ne viendra donc plus, se blottir dans mes bras
Frotter sa joue velue, sur le bord du meuble bas

Et vous auriez raison, de croire que je ne suis rien
Si dans chacune de mes saisons, il n’y avait que ce félin
Et pourtant c’est bien vrai, je n’avais personne d’autre
Jusqu’à ce qu’on me l’ai enlevé, sans en assumer la faute
De l’avoir pris à moi, de me l’avoir retiré
Mon ami, mon pauvre chat, qui s’en va se reposer
Me laissant à ma solitude, et l’horloge du salon
Me rappelle avec certitude, que le chemin est long
Quand on est abandonnée, quand on est comme moi
Une vieille affamée, qui ne se nourri pas
Moi j’aurais tant aimé, qu’ils connaissent ma vie
Des enfants adorés, et même quelques amis
Mais bon sang pourquoi, personne ne veut comprendre
Que moi dans mon chat, il y avait tout le tendre
Que je ne reçois pas, depuis une éternité
Criminels que ceux là, de l’avoir tué …