A deux mètres de là je me suis aperçu
Le regard vide et usé de la vie
Je portais en moi des sentiments perdus
Que personne ne peut voir en pleine nuit
J’étais fatiguée et méconnaissable
Je me suis arrêté auprès de moi
J’ai tendu une main si insaisissable
Bercé par le bruit de mes tracas
Pour en finir, bien finir, en ce monde
J’ai caressé la lame sur le bras
J’ai sentie l’espace d’une seconde
La délivrance du trépas…
Mais derrière les paupières, sachez braves gens
Que se cache un cimetière, de tant de mourants
Qui finissent sous la terre, dans ce calme bruyant
Recouvrez moi d’une pierre, de fleurs de temps en temps
A deux mètres d’ici, je me suis reconnu
L’âme en peine, le cœur vide et la tête pleine
Je portais en moi la rage de l’inconnu
Et vous délivrais chaque jour ma haine
Je me suis observée dans ce miroir vivant
Je n’étais bien sur rien d’autre que moi
J’ai compté un a un chacun de mes printemps
Pour me rappeler l’inutilité d’être ici bas
Pour en finir, bien finir, de cette vie
La corde sur mon cou frôlait ma peau
C’était doux, c’était dur, c’était une envie
La délivrance des maux…
Mais derrière les paupières, sachez braves gens
Que se cache un cimetière, de tant de mourants
Qui finissent sous la terre, dans ce calme bruyant
Recouvrez moi d’une pierre, de fleurs de temps en temps…
A deux mètres de vous qui n’avez rien vu
J’ai fermé les yeux pour ne plus me voir
J’étais sortie de moi comme un inconnu
Qui ne se reconnaitrait pas dans son miroir
J’ai ouvert les yeux sur ce qui m’entourait
Je n’ai vu que le cœur qui par la vie se brisa
Je mourais d’être là, de simplement exister
Pas de ciel, pas d’enfer dans ce que l’on voit
Pour en finir, bien finir, de cet ennui
Un cachet, deux cachets, puis en abondance
C’était lent, c’était sur, c’était réfléchit
La délivrance d’une révérence…
Mais derrière les paupières, sachez braves gens
Que se cache un cimetière, de tant de mourants
Qui finissent sous la terre, dans ce calme bruyant
Recouvrez moi d’une pierre, de fleurs de temps en temps…



