Et vous auriez raison, de dire que je suis folle
Folle de ma passion, envers ces bestioles
Mais vous ne savez pas, ce que c’est d’être seule
De n’avoir que pour soi, l’ombre de ces gueules
Y a tant de gens qui passent, sans même remarquer
Que le temps les effacent, comme il m’a effacé
Et à mon âge bientôt, quand ils arriveront
Ils verront le chaos, sans trouver de solution
Je lui dois au moins ça, quelques mots sur papier
Une tombe là bas, sous la terre creusée
L’épitaphe d’une vie, qu’il m’a accordé
Bon dieu auprès de qui, vais je bien pouvoir pleurer ?
Et voilà que demain, j’aurais soixante dix ans
Et j’ai eu aucun gamin, qui m’a fait grand maman
Alors maintenant j'erre, sans chaussures à mes pieds
Je traîne ma misère, sans ami pour la porter
Vous aurez beau me dire, que tout ça ne compte pas
Dans son dernier soupir, il a pris un peu de moi
Et vous auriez raison, de ne pas vous priver
De rire de ma prison, où je suis enfermée
Pour vous je ne suis que vieille, sans âme et sans avenir
Pour lui j’étais merveille, il était mon sourire
Car seule dans ma chambre, à me tourner les pouces
Il m’obligeait à descendre, pour lui faire la course
Le gronder parfois un peu, pour ne pas que soit détruit
Sous ses pattes de chartreux, mes bas de tapisserie
Aller rigolez donc, vous ne comprenez pas
Que sans perdre la raison, on ne rajeuni pas
Et aussi ridée que je sois, mon cœur lui reste enfant
Et comme vous il apprécie, d’être aimé de temps en temps
Mais bon sang oui pourquoi, est ce tombé sur lui
Criminels que ceux là, qui l’ont tués aujourd’hui
Il ne viendra donc plus, se blottir dans mes bras
Frotter sa joue velue, sur le bord du meuble bas
Et vous auriez raison, de croire que je ne suis rien
Si dans chacune de mes saisons, il n’y avait que ce félin
Et pourtant c’est bien vrai, je n’avais personne d’autre
Jusqu’à ce qu’on me l’ai enlevé, sans en assumer la faute
De l’avoir pris à moi, de me l’avoir retiré
Mon ami, mon pauvre chat, qui s’en va se reposer
Me laissant à ma solitude, et l’horloge du salon
Me rappelle avec certitude, que le chemin est long
Quand on est abandonnée, quand on est comme moi
Une vieille affamée, qui ne se nourri pas
Moi j’aurais tant aimé, qu’ils connaissent ma vie
Des enfants adorés, et même quelques amis
Mais bon sang pourquoi, personne ne veut comprendre
Que moi dans mon chat, il y avait tout le tendre
Que je ne reçois pas, depuis une éternité
Criminels que ceux là, de l’avoir tué …

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